Tenter une parole en temps de terreur et de guerre

Psaume 85
J’écoute : que dira l’Eternel ?
Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre.
Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice…


La terreur et les guerres n’engendrent que des victimes et ne règlent pas les conflits. Nous le constatons dans tant de pays où l’on ne cesse de raviver et d’instrumentaliser les blessures encore ouvertes d’un passé plus ou moins lointain. C’est le cercle vicieux de la violence et de la vengeance qui entraîne les drames d’aujourd’hui et prépare ceux de demain, si d’autres voies ne sont pas cherchées et trouvées. La catastrophe humanitaire à laquelle nous assistons depuis des mois dans cette Terre que nous appelons Sainte, nous afflige très profondément, puisque des liens nous y rattachent en raison des racines de notre foi.

Tant de gens tués, blessés, violentés, endeuillés, affamés, pris en otage.
Tant de foyers, d’écoles, d’universités, d’hôpitaux détruits.
Tant de personnes contraintes à fuir indéfiniment tant d’autres restant sans nouvelles de leurs proches depuis des mois. Qu’en est-il de la dignité humaine, du respect du droit international, des Conventions de Genève et de leurs protocoles additionnels ?
Sommes-nous condamnés à nous taire, en nous contentant d’exprimer notre solidarité aux victimes ou de prier pour elles ? Est-il possible de risquer une parole qui éveille nos consciences ?

Que nous dit l’Eternel ?
Parvenons-nous à l’écouter dans le chaos du monde ?
Comment soutenir l’édification d’une paix avec la justice ?
Comment contribuer à ce que la vérité et l’amour se rencontrent?
Ces questions reprises du psalmiste sont celles qui devraient motiver nos engagements et nos actions.

On ne peut pas continuer à tuer aveuglément ! La libération de tous les otages et un cessez-le-feu durable sont des conditions préalables et nécessaires. Sans oublier, la pleine reconnaissance des droits des un·e·s et des autres, le renoncement aux expulsions et aux exclusions. Tous ces éléments sont indispensables et essentiels sur le long chemin vers une terre promise pour tous les habitant·e·s d’Israël et de Palestine qui aspirent à une vie digne et sûre.

En communion avec celles et ceux qui vivent sur place les conséquences dramatiques de ce conflit, avec les communautés juives et musulmanes, avec les minorités chrétiennes, aussi déchirées et meurtries, nous appelons les autorités de cette région et les responsables de ces communautés à tout mettre en œuvre pour rétablir d’urgence les conditions d’un véritable processus de paix. Nous invitons nos autorités à déployer et à soutenir, par toutes les voies possibles, les efforts de paix.

Nous ici, maintenons un dialogue ouvert sur cette situation si complexe et si clivante. Pour sortir de nos sentiments d’injustice et d’impuissance, continuons à soutenir les victimes, en étant solidaires avec les artisan·e·s de paix, en participant aux actions de nos œuvres d’entraide.


Parole tentée par le groupe de réflexion mandaté par le Conseil du Consistoire :
Isabelle Savoy et Didier Ostermann
et la Compagnie des pasteur.es, des diacres et des chargé.e.s de ministère :
Laurence Mottier, France Bossuet Rutgers, Bernard Félix et Maurice Gardiol